À la veille d’un affrontement face à QRM, concurrent direct dans la course au maintien, nous avons fait le point avec le coach, David le Frapper.

Coach, comment analysez-vous la situation actuelle à 11 journées de la fin du championnat ?

« On a toujours notre destin entre nos mains. C’est vrai qu’on a une équipe jeune qui a du mal à performer avec régularité. La moindre erreur, on la paye instantanément à cause de notre manque de concentration, lié à notre jeunesse, et surtout de notre manque d’efficacité dans les deux surfaces. Aujourd’hui, nos expected goals sont élevés, mais au final, on manque d’efficacité. C’est un problème de choix et de lucidité dans le dernier geste : on se crée des occasions, mais on ne les concrétise pas. »

En 2026, deux victoires d’affilée, des points pris, puis deux défaites consécutives : comment l’avez-vous vécu ?

« Le match de vendredi dernier (vs Orléans, 0-3) était important, sans être capital, pour la suite. Avant la trêve, certaines équipes étaient encore loin de nous et on visait un sprint à trois. Aujourd’hui, nos trois matchs sans défaite et sept points pris depuis le début d’année ont mis d’autres équipes dans le match : ça passe d’un championnat à trois à potentiellement un championnat à six. Même avec ces revers, on est encore dans le coup. Notre destin dépend de nous seuls : compter sur notre professionnalisme et la connexion du club avec tous. »

Comment aborder les 11 derniers matchs et atteindre l’objectif du maintien ?

« Le soutien du club et des supporters, la tolérance de parfois ne pas être beaux mais efficaces – accepter de supporter quand ce n’est pas toujours beau et surtout se féliciter des points pris. Le sérieux, le travail quotidien : ne pas baisser la tête et se réfugier dans notre mission. Avec un groupe hyper jeune, ils sentent notre soutien avec le staff et celui du club. Ce groupe a besoin de plus de manifestations pour les encourager. C’est un projet commun, pas individuel : on veut tous être pros l’an prochain, réussir là où beaucoup nous voient descendre, malgré le manque d’argent supposé. On est un club sain, avec des joueurs et des dirigeants investis. Pour y arriver, nous avons besoin d’une osmose totale, garder de la bienveillance même dans la difficulté et un travail continu. Jusqu’à l’avant-dernière journée pour nous, il faut rester en vie ; peu importe le style, le 15 mai on doit être pros. »

Vous travaillez dur (joueurs/staff) sans toujours être récompensés : décrivez-nous le quotidien sur le terrain pour que les gens comprennent. N’est-ce pas frustrant ?

« La semaine, on suit un projet de jeu adapté en fonction des forces et des faiblesses du moment mais aussi de notre adversaire. Beaucoup d’échanges et de dialogue avec les joueurs nous permettent de les mettre dans des situations confortables et parfois même inconfortables, quand on estime que c’est nécessaire pour certains – les joueurs doivent sentir quand on est déçus avec le staff. Parfois il arrive de ne pas être en accord avec certains. Le but est d’échanger même si cela peut être houleux parfois mais l’essentiel, c’est de se dire les choses afin d’éviter les non-dits et d’avancer dans la performance.  L’exigence est la clé ; se plaindre de la malchance ne sert à rien, mieux vaut entendre des vérités pas toujours gentilles. Avec le staff, on œuvre pour que tous prennent conscience que l’on est une belle équipe mais que parfois cela ne suffit pas, et souvent, on perd à cause d’une erreur, d’un manque de concentration. Aujourd’hui, on veut se maintenir. La clé sera de se projeter dans le travail, répéter les gestes, les courses et surtout les efforts pour gagner en régularité. Face à Orléans, on a maîtrisé 60-70 minutes contre un bel adversaire. »

Comment évaluez-vous justement la réponse du groupe face à la pression du maintien ?

« Ça me fait mal au ventre : après Orléans ou d’autres matchs où on méritait mieux, je les ai vus déçus, tristes, malgré leur investissement hebdomadaire. Ça m’énerve de ne pas les voir sourire plus souvent – quand ils sourient, je suis l’homme le plus heureux. Ce groupe mérite tellement mieux ; on doit insister. Nous, on croit en ce groupe. On sait qu’on ne s’est pas trompé sur nos choix. Depuis le début, la semaine tout se passe très bien, le week-end moins – c’est dur nerveusement, cela prend beaucoup d’énergie. Pour réussir un projet aujourd’hui, il faut avoir les mêmes pensées et avant tout l’état d’esprit qui doit être une force qui nous permettra d’atteindre nos objectifs. Mais les joueurs sont bien encadrés, ils relèvent vite la tête, ne banalisent pas la défaite, ne trichent pas et donnent tout. C’est un groupe soudé, souriant, joyeux, une bande de potes : cet état d’esprit est une force vitale. Malgré la fragilité mentale, il faut que l’on ait plus de dureté entre nous, il faut s’accrocher, parfois s’engueuler si besoin mais aider le partenaire. 85% de l’effectif a été changé l’été dernier (avec certains joueurs qui ne connaissaient pas le niveau National 1, des prêts avec des joueurs qui ne jouaient pas dans leur club). Avec le staff, on est là pour les développer à vitesse grand V car nous sommes dans un championnat compétitif où seul le classement compte et en ce qui nous concerne on sera jugés sur le résultat et non sur le nombre de joueurs qui passent pro. Cette mentalité nous aidera à résister aux tempêtes, comme à Concarneau ou face au Puy : la tête nos aidera à courir plus longtemps, à être plus lucides et donc à prendre plus de points. »

Les égos de ceux qui jouent moins à certains moments, il y a eu également certains départs anticipés, comment gérer ça ?

« Un cadre strict est fixé : déroger à l’identité, la mentalité ou la politique sportive du club n’est pas acceptable dans notre situation. Nous voulons travailler avec ceux qui veulent avancer avec nous. Le club primera toujours pour moi et ça passe par de la rigueur et une ligne de conduite irréprochable – nous avons un chemin droit à suivre, il ne faut pas le contourner. Pour les méformes : Je ne vais pas faire du cas par cas mais la remise en question est très importante dans ces situations, c’est naturel pour certains et il faut un peu plus pousser pour d’autres mais le management est très important. Il faut leur dire pourquoi ils jouent et surtout pourquoi ils ne jouent pas. Parfois c’est juste pour faire souffler et prendre du recul. De toutes manières nous avons un groupe de garçons intelligents, ils comprennent que ce n’est pas une condamnation, mais que la performance collective prime. C’est peut-être différent dans d’autres clubs, mais c’est adapté à nous. »

Une saison plus difficile que l’an passé.

« La direction travaille pour la pérennité et la stabilité financière. Aujourd’hui les prêts nous coûtent moins chers et bien que certains ne sont là que pour une saison : je vous assure un investissement à 100% de la part de chacun. L’année dernière nous avons terminé cinquième mais nous avons perdu 85% de l’effectif lors d’un été assez mouvementé (décision DNCG, terrain d’entraînement pas praticable, 10 joueurs à la reprise, sans gardien titulaire à une semaine du début du championnat). Nous avons vendu certains de nos meilleurs pour continuer d’exister. Je veux rassurer les supporters : nous sommes un club sain. Avec l’arrivée de Jean-Patrick Morel comme directeur sportif, qui aide pour le recrutement et pour les profils de joueurs dont on a besoin, le club se donne les moyens de se structurer et d’avancer pour préparer son avenir. »

Quel sera le mot d’ordre pour cette fin de saison ?

« Obtenir le maintien. C’est notre priorité absolue : on ne lâchera rien, car je suis un vrai compétiteur, et mes joueurs le sont aussi. Personne n’abandonnera ce club. »

Quel est le message à transmettre pour les supporters et pour toutes les personnes qui soutiennent ce club ?

« Ils peuvent compter sur nous à 100%. Ce qu’on attend d’eux, c’est qu’ils continuent à nous soutenir, viennent plus nombreux. Que l’équipe se sente portée, surtout dans les moments difficiles. Un 12e homme à domicile, même depuis la tribune c’est toujours un plus pour le groupe. »

Rendez-vous donc ce samedi face à QRM à 18h00 au Stade Robert Diochon pour les hommes de David le Frapper dans le cadre de la 23ème journée de National. 

Le FBBP01 compte sur votre soutien pour cette fin de saison, allons ensemble chercher cet objectif. 

ALLEZ LES BLEUS !